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Paslestine

Cette jeune artiste bouscule les stéréotypes comme on secoue un palmier : Amal Murkus est chanteuse, actrice et palestinienne. Elle chante en arabe, joue avec les meilleurs musiciens israéliens, qu'ils soient arabes ou juifs, et puise son inspiration dans les poêmes palestiniens contemporains comme dans le répertoire classique arabe. Amal est communiste, soutient une coexistence pacifique et un règlement socialement équitable du conflit.
Amal Murkus a été successivement refusée par toutes les maisons de disques israéliennes. C'est finalement Highlights, un minuscule label basé à Moshav Udim, qui sort son disque. On pouvait craindre un recueil de folk songs enregistrés à la va-vite et mal produits. Le premier CD d'Amal Murkus est impressionnant de maîtrise et de maturité. Sa musique oscille du funk doux, caresse militante et langueur exotique, au folk mélancolique à la poésie plus classique. Les arrangements sont raffinés, remarquablement équilibrés. Un premier album impressionnant, malheureusement introuvable, même sur le web. On espère que le second sera mieux distribué.

Mali

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France

Japon


La Planète Bleue volume 3

C'est encore un citoyen du monde qui signe la pochette et le livret du volume 03. Né près de Lausanne, Cosey est devenu l'un des grands noms de la Bande Dessinée mondiale. Ses albums sont comme autant de voyages : chacun offre son lot de surprises, d'émerveillements, ces fragments de bonheur que distille la nature à qui sait les écouter, à qui sait les recevoir. Avec son exotisme spirituel, sa vision des éléments, Cosey est passé maître dans le dessin des montagnes, les nuances de la neige. Une structure narrative parfois originale sans être déconcertante, dans laquelle on se laisse couler, comme on le ferait dans un bain chaud et parfumé. On s'y prélasse, on s'y régale, on s'y évade. On s'y ressource, également. Une création évidemment pas très à la mode - et c'est là l'un de ses charmes : habité par la mélancolie, hanté par des souvenirs d'ailleurs, rebonds sourds de la mémoire, Cosey nous entraîne en Asie, en Afrique, dans les Rocheuses nord-américaines ou dans les Alpes valaisannes. Il est à ce point déconnecté du libéralisme que son oeuvre, parfois plus toute jeune (le premier volume de Jonathan, somptueuse série initiatique et tibétaine, date de 1977), n'a pas pris une ride. A l'heure où la techno-gadget triomphante étouffe un pan entier de la Bande Dessinée, Cosey offre une alternative radicale : une oeuvre qui apprivoise le silence, un talent rare pour peindre les paysages, croquer les architectures et décliner les couleurs. Des perspectives panoramiques, des road movies souvent dépourvus de route, une richesse symbolique doublée d'un romantisme sensible. Il traverse le temps avec une sérénité mélancolique, une profondeur d'âme peu commune. Peu d'action, des rencontres, un héros discret, une quête intérieure, un trait économe, des histoires humaines, souvent douces, agrippées aux détails du réel. Plus que ses héros, le personnage central des Bande Dessinée de Cosey, c'est la nature, les grands espaces.
Cosey, le sage des montagnes. Quand vous refermez l'un de ses albums, il continue à vous hanter. Quelques heures, quelques semaines ou quelques années.