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A 300 km au nord du cercle polaire arctique, à Tromsø, l'une des villes universitaires de Norvège, j'ai découvert Prins Thomas, figure singulière de la scène electronica boréale, qui échappe à toutes les étiquettes. Compositeur, producteur, patron d'un label de space diskø, Prins Thomas s'est inventé une signature sonore originale, apparemment toute simple, même si cette simplicité est piégée, cette innocence, perverse. Passés les premiers instants, nous nous découvrons prisonniers de ces boucles hypnotiques obsédantes. Ça fleure bon le sequencer analogique, c'est simultanément rythmé et planant, ça rappelle quelques-uns des grands moments de Tangerine Dream et d'Ashra, le fameux groupe de Manuel Göttsching. D'autres titres évoquent Fujiya & Miyagi en plus aérien, ou le krautrock de Neu! en plus moelleux.
On dit de Prins Thomas qu'il a joué dans plus de groupes que la Norvège ne compte d'arbres. Il a longuement collaboré avec Hans-Peter Lindstrøm, avec lequel il a réalisé plusieurs perles parfaitement entêtantes. Mais Prins Thomas, de son vrai nom Thomas Moen Hermansen, a une spécificité : il se fout de décrocher un tube, il mène ses recherches dans les textures sonores et les rythmiques spatiales comme bon lui semble, dans son coin, et ça lui réussit. Dès les premières diffusions sur La Planète Bleue, une écouteuse m'a écrit que cet électro-chaman l'avait chavirée. Il faut dire qu'il y a longtemps qu'on n'avait entendu pareilles séquences ! Prins Thomas a compris un truc qui échappe à ses confrères : son usage des boucles lentes, libérées de toutes percussions, a quelque chose d'envoûtant, d'incroyablement sensuel, voire au-delà… Il pratique un genre passablement sous-estimé et bienfaisant : les musiques instrumentales. Luftspeiling, la pièce maîtresse de son troisième album solo, en fait une impressionnante démonstration.

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Mongolie

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La Planète Bleue volume 8Avec Druillet, Bilal et Moebius, Caza fait partie du carré des géants qui ont illuminé la bande dessinée fantastique et l'illustration de science-fiction. Il débute dans la BD en 1970 avec un impressionnant premier album de SF psychédélique et pop art : Kriss Kool. Pour le magazine Pilote, il se met en scène lui-même face à son voisin, le Français moyen, dans ses délirantes Scènes de la vie de banlieue, une série où le fantastique télescope vigoureusement le quotidien. Ça fleure bon la révolution et la science-fiction. Il rejoint très vite le prestigieux et avant-gardiste Métal Hurlant, où ses univers futuristes sont régulièrement peuplés de pulpeuses créatures aux silhouettes mi-engageantes mi-effrayantes. Il dessine d'innombrables couvertures de livres de SF et de fantasy, notamment pour les éditions Opta et J'ai Lu.
Très tôt, Caza comprend que l'avenir de la planète ne se conjuguera pas sans écologie, ce thème devenant prépondérant dans son œuvre. Ses histoires courtes, d'une profondeur rare, aux scénarios ciselés comme des paraboles et aux dessins évocateurs, vont marquer toute une génération qui découvre ces notions alors nouvelles : l'écologie, le temps long.
Son style très personnel fait merveille. Caza imagine des villes-barrages sous des pluies acides, des humains pullulants dans des architectures aux perspectives lourdes, hantés par le souvenir des arbres. Quelques pages lui suffisent à déployer ses univers et à tisser de véritables contes. Certains de ses recueils, comme L'Âge d'ombre, sont inscrits au Panthéon de la SF en BD. Caza participe également à la réalisation de plusieurs films, notamment le somptueux Les Enfants de la pluie (Philippe Leclerc, 2003).