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Dans la sphère des musiques répétitives, Lubomyr Melnyk est peu connu du grand public. Le pianiste canadien d'origine ukrainienne est un véritable innovateur, un chercheur de nouvelles perspectives. Avec Nils Frahm à Berlin et Ludovico Einaudi à Turin, il compte parmi ces pianistes qui réinventent l'instrument. En créant un flux sonore continu, il initie une nouvelle expérience du piano, hypnotique, émouvante. Ses motifs complexes et rapides lui valent d'être considéré comme un virtuose. Mais, plus que sa technique exceptionnelle, c'est son rapport personnel à l'instrument, proche de la dévotion, qui entraîne ses compositions vers les profondeurs de l'âme et, simultanément, vers les territoires les plus aériens. Même si cette musique peut paraître difficile lors des premières secondes, elle vous transcende, vous emmène ailleurs. Les plus grands voyages sont immobiles.

La Planète Bleue volume 8Avec Druillet, Bilal et Moebius, Caza fait partie du carré des géants qui ont illuminé la bande dessinée fantastique et l'illustration de science-fiction. Il débute dans la BD en 1970 avec un impressionnant premier album de SF psychédélique et pop art : Kriss Kool. Pour le magazine Pilote, il se met en scène lui-même face à son voisin, le Français moyen, dans ses délirantes Scènes de la vie de banlieue, une série où le fantastique télescope vigoureusement le quotidien. Ça fleure bon la révolution et la science-fiction. Il rejoint très vite le prestigieux et avant-gardiste Métal Hurlant, où ses univers futuristes sont régulièrement peuplés de pulpeuses créatures aux silhouettes mi-engageantes mi-effrayantes. Il dessine d'innombrables couvertures de livres de SF et de fantasy, notamment pour les éditions Opta et J'ai Lu.
Très tôt, Caza comprend que l'avenir de la planète ne se conjuguera pas sans écologie, ce thème devenant prépondérant dans son œuvre. Ses histoires courtes, d'une profondeur rare, aux scénarios ciselés comme des paraboles et aux dessins évocateurs, vont marquer toute une génération qui découvre ces notions alors nouvelles : l'écologie, le temps long.
Son style très personnel fait merveille. Caza imagine des villes-barrages sous des pluies acides, des humains pullulants dans des architectures aux perspectives lourdes, hantés par le souvenir des arbres. Quelques pages lui suffisent à déployer ses univers et à tisser de véritables contes. Certains de ses recueils, comme L'Âge d'ombre, sont inscrits au Panthéon de la SF en BD. Caza participe également à la réalisation de plusieurs films, notamment le somptueux Les Enfants de la pluie (Philippe Leclerc, 2003).